Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /Jan /2009 13:35


... noix de coco!

 




Mesdames et Messieurs les députés;

Chers délégués au Congrès de l'Association des Eplucheurs de Pommes de Terre du royaume unifié de Belgique;

Monseigneur l'évêque auxiliaire du Bas-Rhin, sa sainteté Alexandre 1er;

Cher Grand Volatile tardivement oublié, mais néanmoins (encore!) vigilant;

Je vous prierai d'applaudir vigoureusement les derniers personnages présents sur la scène de Bamako-Plage, à savoir:

Gilles, le talentueux recycleur recyclé...




La petite famille de Carteret.......
Derrière mon vélo, Dico, sont:

- à gauche sur la photo, N'mousso;
- à droite N'tiéééé...
...qui a entre les mains sa guitare, "Réunion Institutionnelle", de son nom poétique.




...Antonio, aristocrate lusitanien, aventurier romantique, collectionneur impénitent, et  qui s'est un peu trompé de siècle...





..... et voilà Tina, de ci, de là..... 












..... Fatou, la "Perrrllle affrriicaine"...














.....Gabriel, archange de son état, dit "le Grand Gaby", discrètement présent jusqu'au bout de mon voyage, ici déguisé en Michel Polnareff pour passer incognito....











.... Kader, représentatif d'une minorité de Maliens qui a le feu sacré et croit contre vents et marées en l'avenir de son pays. Il remuera cent montagnes, et remontera ses manches en lieu et place de ceux qui ont baissé les bras. Le voilà à l'affaire pour construire un centre de formation de jeunes et les orienter vers le métier de chaudronnier. Il méritera d'être ministre!
 

  

 

 

 

 

 




Anonyme, ce vieux mendiant qui ne m'a plus rien demandé après que je lui aie donné une petite pièce et fait un peu la causette, lui disant qu'il avait un très beau chapeau , et qui m'a fait un grand bonjour et un sourire à chaque fois qu'il me voyait.















... N'oublions pas les trois demoiselles "Castel" sans lesquelles la vie africaine serait très monotone ( pas sous la table, Alex, sur la table!). Bon, à droite, c'est notre copine Dominique, qui est venue de Niamey, au Niger.


Les visiteurs qui rentrent et sortent toute la journée de la maison, cousins, neveux, voisins....





..... Et le personnel de maison, tout le petit monde qui gravite autour de....


....... autour de Ma-Mousso, la grand-mère, et même arrière-grand-mère, ça ne se dirait pas!


Et enfin, s'il vous plaît...
l'Askia Imperator Mamadou Traoré-Keita....


Que tu peux voir ici parmi ses conseillers, de gauche à droite maître Fatoumata Dicko Zouboye, une des rares femmes notaires au Mali, son mari, l'ami Sidi, et sa petite soeur, "Bijou". Mais qu'est-ce qu'ils ont à rire comme ça dans mon dos?



... Et voici l'Askia Imperator Mamadou Traoré-Keita dans ses appartements privés. Mais qu'est-ce qu'ils ont à se marrer comme ça  derrière moi?


 

 











Ah! oui, ça y est, j'ai compris!
Ils ont pensé que mon bon vélo, ce cher Dico,  est fou à lier:  ils lui ont collé la camisole de force et l'ont renvoyé par le premier avion vers Reims.



Alors, il m'a bien fallu rentrer!


Par Armel DROMAIN - Publié dans : Honni soit qui Mali pense!
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 11:28
... le touriste!
La langueur africaine, que veux-tu, mon cher ami... Je me traîne et je délaisse un peu mon blog...
Nous avions prévu d'aller dans le pays Dogon. Hélas, ce circuit étant tellement à la mode que bien des villages ont leur tradition dénaturée par le tourisme . N'y aller que quelques jours, deux ou trois eût été nous condamner à ne voir que la vitrine, piège à visiteurs. Nous avons préféré aller à Djenné.
Ah! Il était très honnête, le chauffeur, sa voiture très belle, en bon état, son prix conforme à ce qui se fait dans la région, 50 000 CFA pour la journée. La surprise était dans sa consommation de fuel. Il voulait 50 litres pour 230 km. Rien à faire, il faut qu'il y ait une arnaque quelque part! Et il faut renégocier, et palabrer...
Bon, nous voilà près du fleuve Bani, à attendre le bac.
On me demande si je veux boire. Non, merci, zébu.

Troupeau de zébus en train de défiler sur la rive. Pas de train à regarder passer, pour eux. J'ai même l'impression un peu que c'est moi qui ai un regard bovino-ferroviaire...

Pas de problème, pour descendre du bac avec des roues lisses, ça passe! Seulement une prise de risque que les européens n'ont pas trop l'habitude de prendre.


Des enfants pêcheurs de petits poissons, sur la rive du Bani, avec en fond sonore le lecteur de cassettes du pilote du bac. Au Mali, on entend à tout bout de champ de la musique, la plupart du temps de la musique malienne, quelquefois du "reggae".

Et nous entrons dans Djenné. Pas dans la mosquée, car c'est impossible. Impossible aussi un tel panneau en France.

C'est un impressionnant édifice, construit en 1906-07, tout fait de terre sèche. Tous les ans a lieu le crépissage qui mobilise toute la population et des admirateurs venus de toutes parts. Selon les sources, ce crépissage se passe dans la liesse et la concorde. Selon d'autres témoignages, des dissensions apparaissent entre factions divergentes de l'Islam...

Une maison de style soudanais, si je me souviens bien, mais avec aussi des éléments marocains, dont les moussarabias aux fenêtres, parois de bois découpées comme de la dentelle et permettant d'observer à l'extérieur sans être vu(e).

Djenné est placé sous la protection de l'Unesco, comme patrimoine mondial, reçoit aussi de l'aide des Pays-Bas, entre autres. Ceci explique que les rues, petit à petit, sont nettoyées. Bon, il y a encore à faire...
L'activité touristique n'empêche pas la vie de continuer, authenticité africaine.



Comme dans tous les pays du monde, les enfants aiment se mettre à la rivière. Ici, ils vont chercher des appâts, semble-t-il, sans se soucier de la qualité de l'eau. Le dernier gamin semble traîner un filet...

Scène surprise, dans un village, sur le chemin du retour vers Mopti. Des femmes pilent le mil, pendant que d'autres le vannent, jettent au vent le son. Pas longtemps, car il faut être discret, si on filme sans permission.

Ensuite, le grain est conservé dans ces petits greniers qui seront recouverts d'un beau petit toit comme un chapeau de paille. On en voit un tout à fait au fond, entre deux habitations. Les greniers sont sur des pilotis, pour les protéger des parasites, notamment des termites. 

Sur le bord du Bani, des nomades se sont installés, entre les poteaux électriques modernes. Mais les moteurs sont encore trop coûteux. La rame est le moyen le plus sûr.




Et nous nous dirigeons en pirogue vers un village de Bozos. Bon, un peu un piège à touristes, mais intéressant tout de même. Ici un astucieux pont-embarcadère qui permet de charger les pinasses ( ndlr: contrairement à ce que d'aucuns pouvaient croire, mon cher Alex, en pays musulman, ce sont des barques, et non des transports de vin, contraction peu probable de pinard et vinasse).
Les Bozos sont un peuple africain spécialisé dans la pêche, qui migrent le long du fleuve Niger, sur deux mille kilomètres, en fonction des saisons, laissant la place aux agriculteurs, puis aux éleveurs. Un système très élaboré de réglementation de tradition orale  régit ces rotations, avec ses rites,  dont la mise en concordance avec le droit écrit pose des problèmes aux juristes maliens formés à l'occidentale.

Les pirogues des pêcheurs, avec leurs filets, et au fond, la mosquée traditionnelle, dans le style de Djenné; pas du tout comme les mosquées modernes qui toutes sont de style arabisant, payées d'ailleurs avec des capitaux du Moyen-Orient.

Au premier plan, tu peux voir, derrière le drapeau malien, une "Djakarta", petite moto chinoise peu coûteuse qui a été vendue à des dizaines de milillions d'exemplaires en Afrique. Qui n'a pas sa "Djakarta"? Et tous de lever les bras au ciel, en disant: "Djakarta, dangereux!". Au niveau de la mortalité chez les jeunes, c'est une calamité...


Le long travail de réfection des filets. Les pêcheurs ici ont une chance par rapport à ceux du Tréport. Il n'y fait pas froid comme en Normandie, en hiver, et les doigts ne sont pas engourdis.


La pêche s'effectue aussi avec des nasses, pour les petits poissons. C'est souvent le travail des enfants.


Un enfant sans gilet de sauvetage, une femme avec un bébé menant à la rame sa pirogue. On pousserait des cris de danger, en Europe... Ici, c'est naturel, le quotidien.
On va chercher des grandes herbes séchées afin de faire fumer le poisson, ou pour faire cuire les briques qui serviront à la ville à consolider le banco. Les puristes, parmi les défenseurs de la tradition de Djenné, rejettent l'usage de la brique, qui a été introduite par "le colonisateur". Je n'ai pas réussi sur internet à trouver où en était l'état de la recherche historique concernant l'apport français dans l'architecture de Djenné. Toujours est-il que l'Unesco a admis que la construction en brique était compatible.

Voici le petit poisson prêt à être fumé dans la paille. Quand la paille ne suffit pas, on ajoute des bouses de vache.

Et voici le belles briques cuites...



La corvée de bois, toujours les femmes, et dans ces zones où il n'y a plus beaucoup d'arbres, il faut souvent beaucoup marcher...


Et puis, et puis, l'heure va bientôt venir pour moi de mettre les voiles, mon cher et bon Alex ...

Un adieu au Bani, et je devrai penser à retourner dans mon pays, car les routes à travers les pays touaregs sont devenues peu sures...

A bientôt pour les adieux, mon cher ami.



Par Armel DROMAIN - Publié dans : Honni soit qui Mali pense!
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 13:39

Bon... le temps passe et je perds encore, une fois de plus, mes repères.
Là, ça doit se passer après le premier janvier.
Ah! oui, j'oubliais ... Bonne année, cher Alex. "Et surtout la santé!", me dirait ma belle-mère.
Alors, j'ai prêté mon vélo à Lamine, rapide comme le vent, léger comme un papillon, mais juste pour la photo. Un peu "Obélix", paraît-il. 



Et comme Béa est venue me rejoindre à Bamako, j'ai changé de moyen de transport.
Le bus maintenant, direction Mopti, un voyage de 8h 30 dans le folklore africain. A chaque arrêt, les vendeurs et vendeuses de nourritures montent dans le car, tendent les bras aux passagers pour proposer à boire, de l'eau ou "des sucrés", à manger du pain, des oeufs, des beignets, des arachides, etc...
La société "Bani transport" est cependant étonnement bien gérée, du moins en apparences, de ce que nous en voyons. Les bagages sont numérotés, les places sont prises la veille et nominatives, et l'appel est fait au départ. Le bus est en bon état, ne tombe pas en panne, les pneus ne sont pas usés, le départ a lieu à l'heure, ainsi que l'arrivée. Preuve s'il en était besoin que les Africains sont tout aussi bien capables d'être rigoureux que les européens.

Mopti, ville portuaire à l'estuaire des deux fleuves, le Niger sur la gauche, le Bani à droite. Mopti vit au rythme des crues et décrues des fleuves et ne se soucie que peu des touristes.


La ville est  à l'entrée de l'immense lac Débo, qui constitue une véritable mer intérieure d'eau douce, et où les activités de pêche et de transport de marchandises sont intenses.

Au premier plan, les inévitables monceaux de poubelles, puis des calebasses, servant  toujours de récipients.
Des Des pinasses pleines à craquer, la ligne de flottaison frôlant les bords de la nef. Sur le toit de celle-ci, des sacs de charbon de bois...


A Mopti, de grandes quantité de poisson séché sont apportées du lac Debo, et de l'ensemble du bassin fluvial ... Le conditionnement reste traditionnel: ce sont les paniers tressés en forme de parallépipèdes rectangles que tu vois empilés sur le quai. Ils sont déchargés du bateau et seront placés dans des camions en vue de leur vente à l'intérieur des terres. Les Africains en raffolent, mais d'avoir vu le séchage avec des nuées de mouches m'a un peu refroidi... Bon, c'est vrai que les scandinaves sont dégoûtés de nos fromages français crus et fermentés...

A gauche en contrebas, tu vois des poissons-chats, qui sont séchés en couronne.



Voilà le marché des femmes, assez moderne, comparé à d'autres villes. Mais comme le Président ATT ( Amadou Toumani Touré) est originaire de Mopti, il distribue sur place ses bienfaits, et la ville aura un autre marché, encore plus beau, ainsi qu'un lycée tout neuf, un stade aussi. Dans la ville, on reconnaît le quartier de la présidente à ce qu'il est plus propre et que des égouts neufs sont en voie de réalisation.
Voici à nouveau une fête de mariage. Pendant deux jours, jusqu'à épuisement, les musiciens vont souffler et frapper, les danseurs vont se remuer (pas tous!). Le quartier est bloqué sur plusieurs rues, ce qui occasionne bien des embouteillages.
Et les artisans continuent leur travail, toujours à même le sol... Un forgeron-bijoutier ici, et plus loin ce travail de forçat consistant à lisser le bazin riche enduit de gomme arabique. Cette opération se fait à deux, au maillet. Toutes la sainte journée, les tâcherons frappent à s'en démolir les oreilles, à se démantibuler les poignets. Les pauvres, au bout de quelques années, ils doivent être sourds et avoir des douleurs pas possibles dans les bras!

Et maintenant, cher Alex, je vais te parler de la photo que je n'ai pas faite, de la video que j'ai ratée. 

Nous étions dans la famille de Modibo (Modibo, c'est le plus beau, surtout avec son bonnet). Hébergement tout à fait "typique", authenticité africaine garantie. 

Or, nous avions une chambre donnant sur la rue. La rue, c'est le lieu de vie, musique et palabres à grand volume jusqu'à une heure du matin. A ce moment, tout s'arrête, les voitures et motos ne circulent plus, les habitants sont allés se coucher.
Et c'est alors que sortent les chiens, des dizaines de chiens qui sont isolés de jour et organisés en meute la nuit, sous la conduite d'un chef auquel il incombe d'affronter les rivaux. Et l'on a sous les fenêtres ce spectacle allucinant d'une meute silencieuse de vingt ou trente chiens répartis sur la chaussée et surveillant le combat singulier de deux caïds. Et ceci peut se répéter une douzaine de fois dans les quelques heures précédent la première prière.
C'est tellement pénible d'être réveillé de la sorte que je n'ai eu en tête que de balancer au lance-pierre de quoi chasser ces importuns canins, alors que j'aurais été bien mieux inspiré de filmer la scène!
Allez, comme c'est la nuit, étrange nuit africaine, je vais finir par cette photo:

Le trafic continue... avec la pleine lune et une seule petite loupiote sur le bateau, les mariniers retrouvent leur chemin. Nous ne sommes pas encore en saison de trop basses eaux, d'ailleurs, et aussi, les notions de risque, de danger, prudence, etc... ne sont pas les mêmes...
Bon, cher Alex, Joyeuses Pâques, car je crains d'avoir raté le coche du jour de l'an!


Par Armel DROMAIN - Publié dans : Honni soit qui Mali pense!
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 14:52

.... c'est comme la Chandeleur sur l'Île de Pâques, la saison n'y fait pas grand chose, et on peut en parler quand c'est le dégel.
Désolé, mon cher Alex, de t'avoir laissé si longtemps sans nouvelles. Plus d'ordinateur, plus de blog!
Bon, c'est vrai, c'est un peu du réchauffé...
Alors, voilà.

J'ai repris mon petit vélo, que j'avais laissé à Nossombougou, et je suis tranquillement allé vers le sud, où m'attendaient mes amis " futurs éboueurs".

En chemin, je retrouve les villages typiques, près même de la capitale, avec les fours, les greniers que d'aucuns prennent pour des maisons de schtroumphs.
Et le cocasse africain, omniprésent, dont les Maliens savent si plaisamment jouer, et en rire comme si l'humour était une philosophie de la vie, quand celle-ci est dure, ce cocasse qui me ferait prendre une photo toutes les minutes, si j'en avais le loisir.
Un bus vert me dépasse, avec sur la galerie au-dessus du toit tout un troupeau de chèvres, entassées les unes sur les autres,  dans un inextricable enchevètrement de bêlements cacophoniques .

Vingt kilomètres plus loin, la panne. Les voyageurs se mettent à l'ombre et attendent patiemment l'hypothétique réparateur. Que faire des chèvres? Certaines sont descendues, entravées et couchées au sol; d'autres restent sur le toit; et les dernières récalcitrantes sont enfermées dans le mini-bus!

En arrivant près de Bamako, on est surpris de voir tant de constructions qui ont été commencées et qui ne sont pas achevées, envahies par les broussailles. Il y a là, mis bout à bout un énorme capital qui est stérilisé, et dont l'économie africaine aurait le plus grand besoin. On m'a dit que c'est la manière qu'ont les Africains de se constituer un "bas de laine". Le dirigeant malien qui aurait la bonne idée de se mettre dans le rôle d'un Antoine Pinay, et réussirait à faire que ces constructions soient terminées et habitables, et de ce fait que les sommes qu'elle ont mobilisées soient réinjectées dans l'économie, rendrait un service considérable à son pays.

Bamako, un mélange de modernité et de savoirs-faire traditionnels... Surprenants, pour le regard européen, ces étais en bois, pour la construction d'un immeuble.

Un mélange d'infrastructures vieillies et modernes.


Voilà la gare qui devait être le point de connection du réseau ferré atlantique venant de Dakar, et de celui se dirigeant vers... l'Océan Indien, rien que ça, jusqu'à Djibouti! Bon, le sort en a été autre, car cette ligne s'est arrêtée à quelques kilomètres, près du fleuve Niger, sur lequel les marchandises continuent par pinasses vers le centre du continent.


Une voie ferrée plus que folchlorique, mais servant effectivement. Le rail est devant les moutons, en plein centre de la ville, et ceux-ci s'écartent lorsque plusieurs fois par jour passent les trains, qui se signalent par de grands coups de trompe.

Et puis, la vie reprend... Les vendeurs reprennent leur place, les moutons, les mendiants...

Les petits métiers...

Et chacun, ici, connaît l'autre, a ses habitudes.

Très dur, de voir les pauvres gamins...
Je suis resté quelques jours chez Gilles, qui m'avait prêté son appartement, - rien que ça! Rapidement, je me suis trouvé fondu dans le quartier, et j'ai vite compris qu'il ne fallait pas que les gamins prennent l'habitude de recevoir une aumône, car dans ce cas, ça devient intenable, on est harcelé de demandes. Terrible réalité!


A Bamako, il faut s'habituer à la pollution et à la poussière, qui font que tous crachent par terre à tout bout de champs. Les notions d'hygiène que l'on avait se relativisent...

Un beau concert de musique malienne.... Et voilà que Noël est arrivé...


.... que j'ai passé avec mes nouveaux amis.

Et maintenant, mon cher Alex, pour avoir des nouvelles de la Saint-Sylvestre, il te faudra attendre la Saint Glin-Glin...
C'est comme ça, c'est la vie!

 

 

Par Armel DROMAIN - Publié dans : Honni soit qui Mali pense!
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Jeudi 25 décembre 2008 4 25 /12 /Déc /2008 17:48

samedi 20 et dimanche 21 décembre


Avec les Allemands, je suis venu en exploration à Bamako sans mon vélo, car la grande ville m'inquiète toujours un peu, à cause de mon chargement.

Mais la ville est paisible, bien plus que Dakar.

Je prends un taxi. Le chauffeur, chapeau et barbichette très intégro-islamique se lance dans une diatribe anti-occidentale folle. Tout le mal du pays vient des émissions françaises de la télévision qui veut faire croire que les femmes et les enfants ont des droits. Rien d'autre à faire qu'à le laisser parler... Et de vider son sac devant un occidental, cela a la vertu de la calmer un peu. Je m'avise ensuite de l'enregistrer. Bon, ça a perdu de sa spontanéité, bien sûr...

 

Passage au Centre Culturel Français, repérage d'une « boutique à pastis », d'un restau à bière, et je rencontre un Français, un gars un peu plus vieux que moi, mais d'un dynamisme plus juvénile. Il vit dans un appartement relativement modeste, dans un quartier  moyenne-classe.

Ancien professeur, je peux discuter avec lui de la qualité du matériel pédagogique... Il s'est recyclé dans l'informatique, puis dans les affaires. Très sceptique quant à « l'humanitaire », il préfère faire du business de type "gagnant-gagnant", et mène plusieurs affaires de front. Entrepreneur "éthique" tout à l'inverse des prédateurs qui ne laissent derrrière eux que des ruines.

Entre autres, pour une société sous brevet espagnol, il se charge de commercialiser auprès de des transporteurs divers ( camions, bus, etc...) un additif aux carburants permettant, sur les vieux moteurs polluants qu'on rencontre en Afrique, d'économiser sans risque, environ 10% de la consommation: économie et écologie.

Autre société qu'il a montée, en collaboration avec d'autres copains à lui: le recyclage des bouteilles en plastique crevées qui traînent dans les rues. C'est rentable, il en fait des bassines en plastique fabriquées et revendues sur place, et emploie dans son usine plusieurs dizaines d'ouvriers.

Et voici le projet génialissime qu'il est en train de mettre en place:

Avec des équipes de « petites mains » recrutées dans les divers quartiers, il propose le ramassage des sacs poubelles de Bamako à raison de 15 000 CFA les 1OO Kg, une paie inespérée pour un mendiant: deux semaines de salaire d'un ouvrier! Un ingénieur polytechnicien a mis au point un système avec une pollution minimale pour brûler le moins possible de carbone ( récupéré en briquettes ) mais utiliser l'hydrogène, et ainsi actionner des turbines et obtenir de l'électricité à peu près au prix d'une centrale à fuel. Par contre, la chaleur fournie en direct est utilisable de manière très compétitive par des entreprises ayant besoin de chauffer des produits ( stérilisation de bouteilles, conserveries etc...). Avec ce projet qui est très près d'aboutir, il pourra recycler la moitié des déchets plastiques de la ville de Bamako! Et voilà de la salubrité en perspective... sous réserve bien entendu d'évaluation ultérieure des effets pervers, qui hélas ne manquent jamais d'accourir!

Quand je l'entends m'expliquer tout cela, j'applaudis des quatre mains et trépigne des deux pieds!

Je fais aussi connaissance de ses amis et nous convenons de passer Noël ensemble.

Je m'en retourne donc à Nossombougou ( bougou veut dire la case, en Bambara) en transport en commun pour chercher mon vélo et mes sacoches .

Nous sommes 25 adultes et cinq enfants dans la camionnette, dite "bus vert". Au départ, deux enfants mendiants viennent chanter devant la porte, ce que je suppose être un chant de voeux... C'est terriblement touchant. Pauvres gamins.

La technique me rappelle un peu les chants bretons. L'un entonne la phrase complète, et l'autre introduit une variante en final.

C'est un peu le brouhaha dans le bus, cher Alex, mais si tu tend l'oreille, tu peux entendre ces deux gamins.

 

Et voilà encore une journée incroyablement remplie!
Joyeuses fêtes, cher ami!


Par Armel DROMAIN - Publié dans : Honni soit qui Mali pense!
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